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mardi, 31 août 2010

Philosophies

« C’est pourquoi il n’est pas justifié de faire passer une frontière nettement tranchée, comme on a pris l’habitude de le faire pour des raisons de propagande et de concurrence relevant de ce que Kant a appelé le « conflit des facultés », entre une continental philosophy, engluée et attardée dans un héritage culturel dont elle ne parvient pas à se délivrer, et une non-continental philosophy, qui, elle, serait parvenue définitivement à prendre le large, en jetant par-dessus bord d’anciens problèmes, vestiges d’un passé révolu, sur lequel il n’y aurait plus du tout lieu de revenir. Les débats lancés dans le cadre de la philosophie classique au XVIIe siècle sont loin d’être clos, et ils continuent à alimenter, retranscrits dans d’autres termes, les recherches des philosophes, de quelque côté de l’océan ou de la mer qu’ils se tiennent. Contre une certaine démagogie régnante, il faut affirmer qu’on peut, on doit, aujourd’hui, lire Descartes, Spinoza et Leibniz comme on lit Wittgenstein ou Putnam : le mieux est d’ailleurs de les lire ensemble, en les maintenant dans le cadre des discussions qui définissent encore l’horizon de notre modernité, un horizon que le discours « post-moderne », avec les illusions qu’il s’évertue à propager, n’est pas près de dissiper. »

 

Pierre Macherey

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