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dimanche, 14 mai 2006

Chiasme

« Enfin on sait que tous ces mouvements des muscles, comme aussi tous les sens, dépendent des nerfs, qui sont comme de petits filets ou comme de petits tuyaux qui viennent tous du cerveau, et contiennent ainsi que lui un certain air ou vent très subtil qu’on nomme les esprits animaux. »

Descartes, Les passions de l’âme

Commentaires

Ne dit-on pas d'un fou qu'il a le Sirocco dans la tête ?

Écrit par : Lambert Saint-Paul | mardi, 16 mai 2006

L’intéressant est qu’en ce cas, le vent subtil descend dans le corps et cela pour que se communiquent, entre l’âme et lui, actions et passions. Tantôt plus spirituel et dès lors fluide unique (vent, liquide ou flamme), tantôt plus matériel et dès lors multiple ("corps très petits") il est, ayant le statut d’intermédiaire entre deux réalités hétérogènes, un monstre philosophique. A cet égard, le titre de chiasme est malheureux, s’il évoque une zone d’enchevêtrement tel que les choses y deviennent indiscernables, alors qu’il s’agit-là non du produit d’un mélange mais d’une réalité à part entière, "flamme très vive et très pure" dit parfois Descartes. Ce qu’ils ont de chiasmatiques, les esprits animaux, c’est d’être, en fluctuant, au croisement des caractéristiques du corps et de l’esprit.

Dans cette perspective, ne faudrait-il pas dire que c’est dans tout le corps du fou que sévit le Sirocco ?

Écrit par : Préau | mercredi, 24 mai 2006

Il faut en effet deux endroits où la pression et la dépression opèrent, si le vent s'échappe de la tête pour aller vers le sol, vous l'entendrez siffler de par les os. La chair est bien gardée par le monstre. Ce qui montre est le vent.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | dimanche, 28 mai 2006

Effectivement : il laisse voir par sa transparence, manifeste en mouvant et se révèle être la substance de ce qui se montre excessivement. Irrigant tout le corps, fait-il de soi une mélodie ?

Écrit par : Préau | mardi, 30 mai 2006

La mécanique des fluides comme partition. Il y a peu d'instrument à cordes. Suffisamment ?!

Écrit par : Lambert Saint-Paul | mercredi, 31 mai 2006

Ne peut-on voir dans ce « chiasme » la figure de rhétorique qui consiste à intervertir deux propositions symétriques ? et en conclure qu’il faut une certaine porosité pour qu’un fluide s’écoule.

Écrit par : metalogos | mercredi, 07 juin 2006

Descartes en tout cas ne l’exprime pas ainsi et il me paraît difficile de le faire strictement à partir de ses écrits puisqu’il faudrait y trouver pour cela deux expressions dont les termes, par l’échange entre elles de leurs qualificatifs, se retrouveraient uniquement du côté du spirituel ou du corporel.

Pour ce qui est de la porosité, si vous voulez dire qu’il faudrait qu’elle soit celle de l’âme, j’émets une forte réserve puisque l’âme selon Descartes est inétendue.

Lambert, certes comme partition mais aussi comme effort de la dépasser - la partition de soi en âme et corps. Merci de jouer ici de votre diapason de la conscience !

Écrit par : Préau | mercredi, 07 juin 2006

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