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mardi, 07 février 2006

DLXXXVIII, suite 251, 3120

Le passage du présent s’effectue comme une variation du champ phénoménal où disparaissent des phénomènes en articulation avec l’apparition d’autres d’entre eux.  Disparaissant, le phénomène laisse insensiblement place à son souvenir qui se dissipe,  si l’on ne porte pas attention à lui, pendant que l’on continue d’être occupé par le présent.
 

Des apparitions se produisent, donc, sur le fond du sillage s’évanouissant de la série des apparitions précédentes, et ce fond est le mode d’existence du passé immédiat dans l’attention au présent. De sa durée et de sa fidélité à l’enchaînement des phénomènes qui viennent de se produire, dépend la compréhension de ce qui arrive et son ouverture à lui. Comme une succession de faits isolés, dans la négligence de ce sillage, comme un devenir certes imprévisible, mais musical, tant qu’il se conserve. Alors se saisissent des figures de mouvement inouïes qui inspirent de nouveaux gestes.

20:30 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : D, Temps

Commentaires

Vertiges : Ce texte qui appartient à votre passé fut mon présent. Mais l'empreinte laissée- cette onde - conditionne le futur. Ne pensons nous donc pas à l'envers ici bas ?

Écrit par : Lambert Saint-Paul | jeudi, 09 février 2006

Vous mettez justement en évidence le problème qui s’est posé - reposé au juste - à moi après l’écriture de cette note. Merci, Lambert, de me donner l’occasion de l’aborder explicitement ! Je vais prendre un peu de temps pour essayer de ce faire, mais ce que je puis dire à l’instant est qu’il me semble au contraire que cette pensée ne soit pas tributaire de cette inversion.

Écrit par : Préau | jeudi, 09 février 2006

Je m’explique. Il s’agit ici de formuler un constat, celui selon lequel du rapport au passé immédiat dans l’attention au présent dépend la disposition à ce qui arrive. C’est en ce sens précis que l’on peut dire que l’empreinte de ce qui vient d’avoir lieu conditionne le futur. Mais en vérité, questionnez-vous, ne serait-ce pas plutôt le futur qui conditionne le passé, puisque, inévitablement, c’est en lui que nous sommes voués à nous y rapporter et qu’il s’éclaire ? Corrélativement, dans la conservation du passé immédiat, ne se produit-il pas plutôt un écrasement de la nouveauté, alors que nous devrions à l’inverse nous ouvrir à elle ?

Pour répondre à la première question, on peut dire que le futur ne conditionne pas le passé, mais l’interprétation seulement de celui-ci. Or l’emprunte s’effaçant dont, du rapport à elle, dépend le rapport au futur n’est pas le fruit d’une interprétation, elle est en deçà de son travail. On n’est donc pas ici concerné par le problème du regard rétrospectif.

Pour ce qui est du problème de l’ouverture à la nouveauté, il faut distinguer la conservation de la trace évanouissante du passé, de l’effort consistant à le retenir : il s’agit ici de la persistance du passé immédiat dans l’attention au présent, non de l’effort de mémoriser et de se souvenir, par quoi justement l’orientation de l’attention changerait. Il n’y a donc pas, ici, de clôture à la nouveauté par crispation sur le passé. Au contraire sans cette persistance, l’expérience n’est qu’un enchevêtrement et une succession de mouvements identiques, tandis qu’à partir d’elle, ce qui arrive étant saisi, en sa qualité même d’être déroutant, dans son lien avec ce qui précède, s’accèdent de nouveaux mouvements.

Je ne saurai malheureusement vous répondre mieux à l’instant, malgré les nombreuses zones d’ombre.

Écrit par : Préau | jeudi, 16 février 2006

Je reviens du passé avec un peu de retard. Je vois que votre présent m'a laissé du pain sur la planche. De combien de grains de matière sera composé ce futur antérieur !? Merci à vous.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | mardi, 28 février 2006

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