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vendredi, 26 août 2005

Déréliction

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Commentaires

3 images pour Edmund, que la beauté de l'enfance ne sauvera pas.

3 images pour un cinquième étage rédempteur mais fatal.




3 images pour une année zéro.




"Les Allemands étaient des êtres humains comme les autres ; qu'est-ce qui a pu les amener à ce désastre. La fausse morale, essence même du nazisme, l'abandon de l'humilité pour le culte de l'héroïsme, l'exaltation de la force plutôt que celle de la faiblesse, l'orgueil contre la simplicité. C'est pourquoi j'ai choisi de raconter l'histoire d'un enfant, d'un être innocent que la distorsion d'une éducation utopique amène à perpétrer un crime en croyant accomplir un acte héroïque. Mais la petite flamme de la morale n'est pas éteinte en lui : il se suicide pour échapper à ce malaise à cette contradiction." - Roberto Rossellini

Écrit par : Lambert Saint-Paul | vendredi, 26 août 2005

C’est étrange comme je comprends la chose bien différemment de Rossellini. Dans le désordre de la débâcle, Edmund veut participer malgré son jeune âge au travail de survie de sa famille. Mais il est confronté à une situation qui le dépasse : quels que soient ses efforts, le désespoir s’installe toujours plus, notamment chez son père qui, malade, réclame la mort pour abréger ses souffrances et cesser d’être un poids pour les siens. Il y a quelque chose de l’ordre de la comédie en ces moments-là, chez son père qui en vérité n’est pas si résolu que, me semble-t-il, il ne s’inquiète en même temps de savoir si ses enfants tiennent à lui, et chez son frère et sa sœur qui, malgré leurs assurances, ne peuvent tout à fait cacher qu’il leur soit bien un poids. Or plus que des paroles, qu’elles viennent de son père ou bien de son ancien instituteur, il me semble que ce qu’entend Edmund avant tout, c’est cela, l’implicite qui désigne son père comme fardeau. Alors guidé par la nécessité de prendre en charge la situation que les adultes autour de lui semblent ne pas pouvoir maîtriser, et en intelligence avec l’implicite, il laisse croître silencieusement en lui l’idée de mettre fin aux jours de son père. Vu de la sorte, le crime qu’il commet ne résulterait donc pas d’une volonté d’héroïsme impulsée par une certaine éducation, mais de la simple inclination qu’ont tous les enfants à se sentir responsables du devenir d’une situation lorsqu’elle est problématique.

De plus, cela rend compte de la réaction d’Edmund envers ses proches suite à l’assassinat : comme il est heurté par ce qu’il vient de commettre et que ceux-ci n’assument pas cette mort dont il les croyait éprouver la nécessité, il se sent floué, comme s’il n’avait été que le jouet de forces muettes - l’implicite de leurs attitudes - qui, après s’être servies de lui, l’abandonnent en le renvoyant à sa liberté, ce pourquoi il leur en veut, autant qu’il s’en veut d’avoir été si naïf. Ainsi cet abandon et cette culpabilité, seraient ce que récapitule ce mouvement du regard qu’il fait, peu avant son suicide.

Voilà qui n’est pas satisfaisant mais me semble plus juste que ce qu’en dit Rossellini, comme si le film réalisé avait échappé à la volonté du réalisateur.

Écrit par : Préau | mardi, 30 août 2005

Le créateur n'a t'il pas la secrète et perverse espérance que son oeuvre lui échappe tout en brandissant la genèse impérieuse du fruit de ses entrailles ?

Vu d'ici, Rossellini y parvint.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | vendredi, 02 septembre 2005

Certes peut-être pour avoir la joie de se surprendre, mais l’étonnant pour moi est que, lors de cette déclaration, il semble n’avoir pris aucunement acte de cette échappée.

Écrit par : Préau | dimanche, 04 septembre 2005

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