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dimanche, 21 août 2005

DLXXXVIII, suite 248, 3086

Il ne faut jamais se jeter à l’eau, c’est le meilleur moyen de ne s’y point plonger véritablement. L’effectuation d’un geste nouveau, ce dont la sensation est hallucinante, implique certes rupture, mais d’avec l’habitude seulement ; par là est bien plutôt retrouvé le plan continu de l’expérience réelle.

Qu’est-ce que l’expérience réelle ? 

Commentaires

Cela revient donc à exclure l'héroïsme ?

Je sens une ligne continue dans l'expérience réelle qui vous préoccupe. Peut être que c'est la notion de réel qui n'est pas adapté : L'expérience ne serait-elle pas notre interprétation du réel à postériori ?

Écrit par : Lambert Saint-Paul | lundi, 22 août 2005

Vous répondre est difficile car cela me force – en je vous en remercie – à expliciter cette pensée, ce que je ne voudrais faire qu'avec beaucoup de prudence. Toutefois, voici ce que je peux dire en première approximation :

Je comprends l'héroïsme comme une façon de chercher à atteindre une fin, celle qui consiste à mettre en oeuvre tout ce que l'on peut pour cela.

Or se jeter à l'eau, au sens où je l'entends alors, en est le contraire : non pas exercice sans réserve de ce que l’on peut, mais abdication de cela même dans l’abandon à la chance.

Pour être plus précis, se jeter à l’eau image ici l’effort de se confronter à la nouveauté en y sautant plutôt qu'en cheminant patiemment vers elle, comme si on pouvait de la sorte s'arracher à soi-même et fausser compagnie à la prison de nos habitudes ; comme si, quoi qu’on fasse, on ne les emportait pas avec soi tant qu'on ne les passait pas d’abord au feu de l’évaluation. C’est dire que la rupture, conçue de la sorte, n’est jamais qu’un faux mouvement : ce n’est qu’en prenant en compte l’ancien que l’on cesse de tourner en rond pour accéder au nouveau - et l’on est d’autant mieux prix en un cercle que l’on croit insouciant, y échapper. Cette ouverture au monde qui consiste à ne jamais comprendre les choses, sans le savoir, qu’à partir toujours des mêmes formes plutôt que de les éprouver à même leur complexité est l’habitude, et d’elle je distingue l’expérience réelle.

Mais que faut-il entendre par-là exactement ? En quel sens l’expérience peut-elle être réelle ? Quel est le rapport au réel de l’expérience réelle ? Pourquoi la créditer d’une continuité ? Comment distinguer l’expérience réelle de celle qui ne le serait pas ? C’est là que se pose votre deuxième question et que ce faisant, même si une partie des réponses semble affleurer dans ce qui vient d’être dit - concernant le problème de la continuité, notamment - , les choses deviennent singulièrement difficiles.

Écrit par : Préau | mercredi, 24 août 2005

La pervertion serait dans ce cas là de se jeter à l'eau par habitude !

L'expérience EST réelle puisque nous le décidons (peut être) ?

À moins qu'on décide pour nous.

La somme des souvenirs et concepts qui constituent l'expérience est forcément une recomposition, une réinterprétation du réel "commun".

Le principe de réalité nous rattrape sur le tangible mais s'éfiloche ailleurs pour un doux rêveur.

Votre blog est un excellent exemple de demi-plan où les (diver)(conver)gences peuvent s'éprouver.

Et de cela je vous remercie grandement.

Écrit par : Lambert Saint-Paul | mercredi, 24 août 2005

Merci à vous des les y porter, avec en plus un sens de l’ellipse qui aiguise le désir de recherche : « Le principe de réalité nous rattrape sur le tangible mais s'effiloche ailleurs pour un doux rêveur. » Voilà un éclairage de l’expérience qui invite à la mieux réfléchir encore.

Écrit par : Préau | vendredi, 26 août 2005

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